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Le stockage des grains et de l'huile à Ostie

Le rythme de la consommation céréalière des habitants de l'Urbs ne coïncidait pas avec celui des arrivages de grain. Nous l'avons vu, l'arrivée des blés était concentrée sur des périodes bien précises : mars-juillet et septembre-octobre. Pour assurer un approvisionnement régulier tout au long de l'année, même en hiver, la préfecture de l'annone devait effectuer des réserves. A Rome comme à Ostie, les grains étaient entreposés dans des entrepôts: les horrea. Ces réserves permettaient de fournir de façon continue le blé nécessaire à la plebs frumentaria mais aussi d'apporter sur le marché "libre" les quantités de blé dont les Romains avaient besoin. Cette continuité dans l'approvisionnement minimisait les effets de la spéculation afin de maintenir les cours céréaliers à des niveaux raisonnables. Par ailleurs, la constitution de stocks représentait un moyen préventif de lutte contre les famines qui n'étaient pas rares compte tenu des conditions de culture et de navigation dans l'Antiquité.



Fig. 6 Constructions et restaurations d'horrea à Ostie du Ier au Ve siècle après Jésus-Christ
[1]

Outre l'aspect purement matériel, c'est de ces stocks que dépendait en partie la solidité du règne d'un empereur. Bien que le rôle du peuple dans la vie politique de l'Empire n'ait cessé de décroître, celui-ci pouvait toujours réagir de façon violente lorsque les grains venaient à manquer. S'il désirait se maintenir, l'empereur devait prendre garde aux soulèvements de la plebs romaine. En 51 après Jésus-Christ, Tacite nous montre l'empereur Claude aux prises avec une foule agitée. Cette dernière était venue exprimer sur le Forum son mécontentementcar il ne restait plus que quinze jours de vivre dans les greniers[2]! Nous nous rappelons également que la rivalité entre M. Aurelius Cleander et le préfet de l'annone M. Aurelius Papirius Dionysius, qui tenta d'affamer les Romains tout en accusant Cléandre, provoqua une révolte populaire vers 189-190 après Jésus-Christ. Commode, pris de panique, ne tarda pas à tuer son homme de confiance[3]. Inversement, l'empereur sortait toujours grandi lorsqu'il pouvait garantir, comme Septime Sévère, que ses greniers regorgeaient de grain[4]. En assurant la surveillance des réserves de l'Urbs, la préfecture de l'annone procurait ainsi quiétude et pérennité aux empereurs. En conséquence, en même temps que ces derniers développèrent le complexe portuaire d'Ostie, ils augmentèrent ses capacités de stockage. Nous ne nous étonnerons pas, dès lors, que les grandes phases de constructions et de restaurations d'horrea à Ostie correspondent au règne de l'empereur Claude (construction du Portus Augusti) et aux règnes des empereurs Trajan (construction du Portus Traiani) et Hadrien (nouveaux plans d'urbanisme) (fig. 6).

Notre propos n'est nullement d'étudier en détails l'ensemble des horrea d'Ostie[5]. Toutefois, il nous a paru instructif d'analyser l'organisation interne de deux d'entre eux en particulier, afin de mieux cerner, le moment venu, les responsabilités du procurateur de l'annone. En outre, il nous a semblé utile de nous arrêter sur la localisation, le caractère public ou privé et le type de denrées stockées dans les entrepôts de la ville en vue de saisir les liens unissant Ostie à la préfecture de l'annone.

A) Caractéristiques et répartition des horrea d'Ostie

1) Descriptions de deux constructions types

Après la récolte, les grains continuaient de respirer et de dégager de la chaleur, du dioxyde de carbone (CO2) et de l'eau (H2O). En vue de les maintenir propres à la consommation, toute forme de stockage devait tenter de ralentir ce phénomène de respiration. Le cas échéant, les blés commençaient à germer et les bactéries de l'air rencontrant un milieu favorable devenaient actives. Cela avait pour effet de putréfier les grains[6]. Il y avait par ailleurs une incompatibilité flagrante entre le grain et l'eau: l'humidité conduisait irrémédiablement à la fermentation des blés[7]. Sénèque lorsqu'il décrit la tâche ingrate de son beau-père, le préfet de l'annone Pompeius Paulinus, dit bien que ce dernier doit surveiller les grains pour:

"qu'ils ne prennent pas l'humidité pour se gâter et ensuite fermenter"[8]

Un autre souci, comme l'indique Pline l'Ancien[9], venait des insectes nuisibles, tels les charançons du blé, qui avaient tendance à se multiplier dans les grains. Les employés des entrepôts devaient également lutter contre les rongeurs (rats et souris) mais aussi les oiseaux. Face à tous ces éléments réunis, les horrea devaient être des bâtiments "hermétiquement" clos où la température était basse, l'atmosphère sèche et la lumière rare.

Les auteurs anciens étaient assez divisés quant au type de construction permettant le stockage le plus efficace des blés[10]. Toutefois les fouilles archéologiques d'Ostie font apparaître un modèle récurrent de construction dont les différents horrea de la ville ne sont que des variantes. Le modèle de base semble avoir été les horrea di Hortensius[11]. Cet entrepôt situé au sud du Decumanus Maximus et relié au Tibre par la via delle Corporazioni était le plus ancien d'Ostie. Il date de l'époque des Julio-Claudiens (30-40 après Jésus-Christ); ceci expliquant pourquoi il est situé en dessous du niveau du Decumanus (annexe IX, 2). Les horrea di Hortensius furent restaurés par la suite sous les Sévères puis au Ve siècle après Jésus-Christ. De dimensions importantes, ils comportaient une vaste cour centrale (62 x 25m; annexe XV) entourée d'un portique à colonnes de tuf[12]. Les quatre côtés de la cour étaient flanqués de 38 petites pièces étroites et profondes ouvertes sur l'intérieur de l'entrepôt. Ces cellae servaient au stockage des marchandises. La vaste cour centrale, presque démesurée par rapport à la taille des cellae, devait servir à la manutention des produits entreposés[13]. L'édifice était massif et fermé puisqu'il ne comportait qu'une seule entrée de 4m de large au nord[14]. Chaque cella aux murs épais comme le recommandait Pline l'Ancien[15] possédait une étroite entrée de 1,75m en moyenne[16]. L'étroitesse des ouvertures et l'impression d'isolement qui ressort de cet horreum devait permettre un contrôle efficace des produits et des hommes circulant à l'intérieur de l'entrepôt.

Les Grandi horrea[17] représentaient une variante plus compliquée du plan type d'un entrepôt. Ils constituaient les plus grands horrea d'Ostie après les horrea Antoniniani[18]. Nous pouvons discerner trois grandes phases de constructions. Pour l'époque claudienne nous retrouvons une cour centrale avec cette fois un portique en U. Au sud, à l'est et à l'ouest de cette dernière furent construites les habituelles cellae. Commode restaura l'entrepôt en lui ajoutant un étage que l'on pouvait gagner par deux escaliers situés au sud de la cour et deux autres de part et d'autre du couloir central donnant accès à cette dernière. L'empereur dota également l'horreum de suspensurae. Les suspensurae, sorte de petits murets de briques, permettaient de surélever le plancher des cellae de 30-40cm[19] et donc de les isoler de la terre en créant une circulation d'air[20]. Ce dispositif évitait que les grains qui y étaient entreposés, soit en vrac soit préférentiellement dans des sacs[21], ne pourrissent. La présence déterminante de suspensurae dans un horreum indiquait que celui-ci servait au stockage des grains. Nous sommes donc assurés que les Grandi Horrea conservèrent du blé, au moins à partir du règne de Commode. En revanche nous ne savons pas si c'est sous son règne que furent clos les espaces compris entre chacune des colonnes du portique intérieur. Septime Sévère modifia le côté nord de l'entrepôt pour y ménager de nouvelles cellae tournées cette fois en direction du Tibre. Toujours à l'extrémité nord, il fit construire trois pièces transversales, étroites et allongées, qui étaient séparées les unes des autres par les deux petites entrées de l'horreum. Enfin, à l'intérieur du portique en U, afin d'exploiter au maximum la surface au sol, l'empereur fit construire une nouvelle double rangée de cellae. Nous arrivons ainsi, pour le rez-de-chaussée uniquement, à 64 pièces pour un total de 7.200m2 de surface de stockage[22].

La visite de cet horreum donne une impression d'étroit labyrinthe. A l'inverse des horrea di Hortensius, la place destinée à la manutention des grains semble avoir été réduite à son plus simple élément. En outre, l'horreum ne possédait que deux petites entrées de 3,50m de large en direction du Tibre qui s'unissaient en un unique couloir de moins de 3m de large donnant sur la cour intérieure. Il existait au sud-ouest de celle-ci une troisième entrée de dimensions toutes aussi restreintes (2.21m)[23]. Nul doute ainsi que cet entrepôt ait été le royaume des saccarii où toute manutention ne pouvait s'effectuer qu'à "dos d'homme". L'organisation interne de l'ensemble répondait aux critères nécessaires à la bonne conservation des grains: murs épais[24] et suspensurae préservant de la chaleur et de l'humidité, étroitesse des entrées et cellae bien closes permettant de lutter contre les nuisibles et de contrôler les allées et venues à l'intérieur de l'édifice.

2) La localisation des horrea

Les dépôts de dolia mis à part, nous avons relevé 15 horrea à Ostie (annexe XIV). Dans leur grande majorité ils sont disposés en bordure de l'ancien cours du Tibre, enfermés entre le cours d'eau et le Decumanus Maximus. Nous constatons également que leurs entrées principales étaient souvent orientées au nord, en direction du Tibre. La localisation des horrea et l'orientation de leurs entrées avaient certainement pour but de faciliter la manutention des marchandises en diminuant les distances à parcourir. Cependant, il existe des exceptions. Les horrea di Hortensius[25] (datés de 30-40 après Jésus-Christ) et dell' Artemide[26] (datés de Trajan[27]) sont situés au sud du Decumanus Maximus. En dépit de leur éloignement du fleuve, ils gardèrent une fonction commerciale bien après le règne de Trajan puisque les horrea di Hortensius furent restaurés sous les Sévères et au Ve siècle après Jésus-Christ. L'existence de la via delle Corporazioni, reliant directement les deux horrea au Tibre, explique peut-être pourquoi leurs capacités de stockage continuèrent à être utilisées. Enfin, les petits horrea situés au sud de l'avenue principale d'Ostie ne devaient avoir qu'un usage local; ce qui peut justifier la distance les séparant du Tibre.

B) Les horrea d'Ostie et le blé public

Pour bien cerner les liens unissant ces entrepôts à la préfecture de l'annone, nous devons nous poser trois questions majeures. Premièrement, quelle était la part des entrepôts privés et publics à Ostie? Deuxièmement, quels horrea de la ville servaient à stocker du blé. Et, troisièmement, comment savoir si le blé qu'ils stockaient était destiné à l'approvisionnement de l'Urbs ?

1) Les entrepôts privés et publics

A Rome notamment, nous savons que les horrea publics n'étaient souvent que des entrepôts privés passés sous contrôle impérial après confiscation ou succession. En revanche, à Ostie comme au Portus, une grande partie des horrea dut être bâtie à la demande des empereurs[28]. Cette affirmation ne souffre que quelques exceptions comme les entrepôts de faible taille situés au sud du Decumanus Maximus ou comme les horrea Epagathiana et Epaphroditiana[29]. Ces derniers furent aménagés dans une ancienne construction vers 145-150 après Jésus-Christ[30]. Ils doivent leur appellation aux cognomina grecs de leurs propriétaires[31]. Les noms de ces deux riches affranchis étaient gravés dans la pierre du tympan de l'entrée principale de l'horreum (annexe XVI, 1)[32]. De part et d'autre de cette dernière, nous trouvions des tabernae, sortes de boutiques. L'existence d'un dispositif permettant de verrouiller l'entrée principale ainsi que les pièces et le bas des escaliers conduisant à l'étage, incite à penser qu'on y serrait des marchandises de valeur[33]. Cependant, les plus vastes horrea d'Ostie semblent avoir été des entrepôts publics. Nous pensons aux Grandi Horrea[34], aux horrea Antoniniani[35], au Piccolo Mercato[36] et peut-être aux horrea di Hortensius[37]. Compte tenu du nombre restreint d'horrea appartenant à des particuliers, il faut envisager que les blés "privés" manipulés par les negotiatores et mercatores frumentarii étaient stockés dans ces entrepôts impériaux. Les commerçants n'avaient qu'à s'acquitter des frais liés à leur utilisation[38].

2) Les entrepôts et le blé

Le destin d'Ostie étant lié à celui de l'annone de Rome, nous sommes souvent tentés de croire que les horrea de la ville ne servaient qu'à amasser les blés et, en particulier, ceux de l'annone. Or Rome importait une grande variété de produits qui, tous, avaient besoin d'être stockés. Aelius Aristide dans son Eloge de Rome s'écrieé merveillé:

"Quelqu'un aurait-il besoin de voir toutes les productions du monde, il lui faut pour cela parcourir l'univers entier ou venir dans votre ville; car tout ce qui pousse, tout ce qui est fabriqué dans chaque pays, se trouve toujours ici en abondance"[39] Et d'ajouter: "C'est là que se rencontrent commerce, navigation, agriculture, travail du métal, tous les métiers qui existent ou ont existé, tout ce qui se fabrique et tout ce qui pousse. On peut dire que ce que l'on n'a jamais vu ici n'existe pas ou n'a jamais existé"[40]

Par conséquent, même si le grain avait une place centrale, ce n'était qu'une marchandise parmi tant d'autres. Nous devions trouver dans les entrepôts d'Ostie et du Portus une multitude de produits: vin, vinaigre, huile, garum, légumes, poissons, jambons salés ou fumés, condiments et épices[41], miel, fromages, raisins, pruneaux, citrons et dattes... Outre ces denrées périssables, il fallait également conserver des matières pondéreuses comme les métaux, les marbres, les bois de marine, de construction, de chauffage, d'ébénisterie, les matières nécessaires à la vie d'un port (poix, lin, cordages...) et aussi d'une ville de 40.000 habitants[42]. Car, certes, Ostie devait conserver des marchandises en attendant de les expédier sur Rome ou en direction des provinces (si l'on songe à un commerce de redistribution au départ de l'Urbs). Mais nous oublions trop souvent que son importante population avait également des besoins à satisfaire, tant en blé qu'en une multitude d'autres marchandises. Si de nos jours les villes ne disposent plus de réserves importantes puisque les moyens de communication permettent de leurs fournir rapidement tout ce dont elles ont besoin, durant l'Antiquité, il est clair qu'une cité devait posséder ses propres stocks de produits de première nécessité. Il est donc normal que certains horrea de la ville aient été utilisés à d'autres fins que celles d'emmagasiner des céréales et, qui plus est, des céréales pour l'annone romaine.

Seule la présence de suspensurae dans les horrea est un élément tangible pour déterminer s'ils servaient à stocker du blé[43]. Trois entrepôts répondent à ce critère: les Grandi Horrea, les horrea Antoniniani et les horrea I, VIII, 2. Les deux premiers sont les plus grands entrepôts d'Ostie, quant aux horrea I, VIII, 2 de plus petite taille, ils furent construits vers 120 après Jésus-Christ et sont situés au nord des horrea Epagathiana et Epaphroditiana, donc tout près de l'ancien cours du Tibre. Nous remarquons également que ces trois horrea furent tous édifiés ou restaurés au IIe siècle après Jésus-Christ, c'est-à-dire sous Hadrien pour les horrea I, VIII, 2 et sous Commode (installation de suspensurae) pour les Grandi Horrea et les horrea Antoniniani. Nous serions tentés d'imaginer que ce n'est qu'à partir du IIe siècle après Jésus-Christ, et en particulier de la construction du Portus Traiani, qu'Ostie prit un caractère résolument annonaire. Toutefois, pour tenir de tels propos, il faut savoir dans quelle mesure les blés entreposés dans ces horrea étaient destinés à l'approvisionnement de Rome et non aux besoins propres d'Ostie.

3) Le blé d'Ostie et l'approvisionnement de Rome

Ostie abritait une importante population de 40.000 habitants. Si nous reprenons notre estimation de 3,5 modii de blé par mois pour la consommation moyenne d'un Romain, nous arrivons pour les besoins totaux de la ville à une quantité de 1.680.000 modii[44] par an. Ce qui n'est pas négligeable. Le territoire de la cité comportait de nombreuses villae, notamment autour du Monte Cugno, permettant de fournir les denrées dont Ostie avait besoin (blés, légumes, laitages, fromages...)[45]. Toutefois, il semble que la surface des champs cultivables ait été d'assez faible importance en comparaison du nombre d'habitants à nourrir[46]. Ostie était avant tout une ville commerçante, bouillonnante d'activité. Les marins des provinces d'outre-mer, les voyageurs, les commerçants, les gens venus faire fortune, les petits travailleurs du port, tous avaient besoin d'être nourris: par bien des aspects, Ostie était une Rome en miniature. Par conséquent, elle devait importer une partie de ses blés, et les entreposer. Les horrea de la ville étaient-ils suffisants? D'après G. Hermansen, la surface de stockage des Grandi Horrea était de 7.200 m2 et l'ensemble des cellae du rez-de-chaussée pouvait emmagasiner de 5.660 à 6. 960 tonnes de grain, soit de 862.476 à 1.060.571 modii[47]. Ainsi, en nous fondant sur 3,5 modii de blé comme consommation journalière, nous voyons que les Grandi Horrea auraient pu alimenter en blé pendant un an entre 20.535 et 25.251 personnes. En supposant que le premier étage ait bénéficié des mêmes capacités de stockage que le rez-de-chaussée, nous voyons que les Grandi Horrea suffisaient à stocker tout le blé nécessaire à la population d'Ostie.

Nous pouvons également observer qu'en face des Grandi Horrea se trouvent les boulangeries et les meuneries de la via dei Molini[48]. Le Caseggiato dei Molini, construit sous Antonin le Pieux, devait recevoir le blé nécessaire à la préparation du pain directement de cet entrepôt. Car, à Pompei comme à Ostie, les boulangeries occupaient une surface trop restreinte pour posséder d'importantes réserves[49]. Dans un rayon assez proche des Grandi Horrea, nous trouvons concentrées quatre autres boulangeries-meuneries(voir fig. 7). Celles du Caseggiato I, IX, 2 pouvaient, quant à elles, recevoir leurs grains des horrea I, VIII, 2 situés un peu plus au nord. Par conséquent, une partie des blés contenus dans les Grandi Horrea, et peut-être dans d'autres horrea de la ville, peut avoir servi à approvisionner les habitants d'Ostie. J. Th. Bakker a émis l'hypothèse que les boulangeries du Caseggiato dei Molini, du Caseggiato delle Fornaci près de la Caserne des Vigiles[50], et celles des Molino[51] près de la porte Laurentine sur la Semita dei Cippi œuvraient pour le fisc[52]. A l'instar, nous l'avons vu, des Grandi Horrea et des horrea Antoniniani. Les boulangers qui y travaillaient devaient faire partie du corpus pistorum et fournir aux fonctionnaires, aux vigiles et surtout aux esclaves impériaux la farine et le pain dont ils avaient besoin. D'après ses estimations, l'ensemble des boulangeries-meuneries dont nous venons de parler pouvait fournir de la farine à près de 12.150 personnes. Ce chiffre étant élevé, l'auteur va plus loin puisqu'il pense que les blés manipulés dans ces boulangeries pouvaient également servir à des frumentationes ayant lieu à Ostie[53]



Fig. 7 Plan d'Ostie avec ses horrea (jaune), ses horrea à blé (bleu clair), ses dépôts de dolia (bleu foncé), ses boulangeries (rose), et ses différentes traces de meules à grain et de machines à pétrir la pâte retrouvées (vert)
[54]

Les capacités de stockage du blé à Ostie étaient supérieures aux besoins de la population, ce qui laisse supposer qu'une partie des grains à destination de Rome était stockée dans cette ville[55]. Toutefois, si sur les trois horrea possédant des suspensurae on attribut aux Grandi Horrea le rôle d'approvisionner la ville, alors il ne reste plus que les vastes horrea Antoniniani et les plus modestes horrea I, VIII, 2 pour entreposer les blés romains. Or l'Urbs consommait annuellement 29.400.000 modii de blé sous Claude et 42.000.000 modii de blé sous les Sévères[56]. Ces quantités n'arrivaient pas tout au long de l'année, mais sur quelques mois. Par conséquent, la préfecture de l'annone devait posséder des entrepôts capables de stocker à un moment précis peut-être pas l'ensemble mais une bonne partie de l'annona Urbis. Nous l'avons dit, les Grandi Horrea pouvaient emmagasiner au mieux 2.121.142 modii de blé[57]. Pour entreposer l'ensemble de l'approvisionnement de l'Urbs il aurait donc fallu 13 horrea de la même taille sous Claude et 20 sous les Sévères. En outre n'oublions pas que les empereurs possédaient des réserves: Septime Sévère, à sa mort, laissa le canon de sept années soit assez pour distribuer 75.000 modii de blé par an[58]. Cela implique que la préfecture de l'annone disposait d'une bien plus grande capacité de stockage. En définitive, nous sommes tentés de considérer qu'une faible partie des grains destinés à l'annone de Rome était stockée à Ostie[59]. Les céréales devaient préférentiellement être installées au Portus Uterque dans les nombreux horrea qui s'étendaient tout autour des bassins. D'autres grains pouvaient être emmagasinés le long des berges du Tibre, entre le Portus et Rome, mais aussi dans les horrea de la Capitale, comme ceux de l'emporium au pied de l'Aventin. Enfin, des réserves devaient exister le long des côtes italiennes, en particulier entre la Campanie et les bouches du Tibre, avec des ports comme Antium, Terracine, et naturellement Pouzzoles[60].

C) Les dépôts de dolia

L'huile étant, avec le blé et le vin, l'un des trois produits de grande consommation de l'Antiquité, il est normal que l'on ait cherché à l'entreposer. Son stockage à Ostie devait répondre aux besoins de la ville, du grand commerce et de l'annone romaine. H. Pavis d'Escurac affirme que "la conservation des huiles se fait dans de grands dolia"[61]. Les dolia et plus précisément les dolia defossa[62] étaient d'imposants récipients de terre cuite[63], du type jarre, que l'on enfouissait dans le sol afin de maintenir au frais certaines denrées comme le vin ou l'huile. La capacité des dolia retrouvés dans le Caseggiato dei Doli situé en dessous du petit musée d'Ostie[64] variait entre 28,5 et 47 amphorae; soit entre 748,41 et 1234, 22 L[65]. La capacité moyenne était de 40 amphorae soit 1050, 4 L. G. Rickman indique que ce Caseggiato dei Doli avait une capacité totale de 8.500 gallons, soit 38.590 L[66]. Le vaste Magazzino Annonario situé à l'ouest des horrea Hortensius et dell' Artemide[67] contenait plus de 100 dolia soit une capacité totale de 20.000 gallons ou 90.800 L[68]. Nous avons retrouvé à Ostie quatre dépôts de dolia éparpillés dans la ville, deux au nord du Decumanus Maximus et deux au sud. Nous rencontrons ainsi les deux Caseggiato dei Doli[69] de la région I qui furent construits à l'époque d'Hadrien et peut-être d'Antonin le Pieux pour I, IV, 5 et les Magazzino dei Doli et Annonario[70] des régions III et V datant également du règne d'Hadrien.

Nous sommes derechef confrontés aux deux problèmes que nous avions rencontrés pour la conservation du blé. Ces dépôts de dolia servaient-ils à stocker l'huile? Et cette huile était-elle destinée à l'approvisionnement romain? Pour la première question, il faut reconnaître que nous ne pouvons savoir si ces jarres étaient utilisées pour le stockage du vin ou de l'huile. Par ailleurs, sous Claude, bien que la préfecture de l'annone ne soit pas encore officiellement chargée de cette denrée annonaire, l'Urbs avait besoin de 19.950.000 L d'huile et 28.500.000 L sous les Sévères[71]. En prenant comme référence les Dressel 20, cela représentait respectivement sous ces empereurs 613.846 et 876.923 amphores.[72]. Maintenir l'huile à destination de Rome dans des dolia impliquait un nombre important de manutentions. Il fallait décharger les navires, transporter les amphores jusqu'aux dolia, les y déverser et, lorsque Rome avait besoin de cette denrée, remplir de nouveau des amphores pour les expédier vers la Capitale. Cette procédure de stockage semble aberrante, il devait être plus simple selon nous d'emmagasiner l'huile dans son "emballage" d'origine: l'amphore. D'autant qu'à l'inverse du blé, l'huile pour la bouche ne se conservait que très peu de temps, une année au plus. Elle devait être stockée à l'abri de la chaleur et des exhalaisons dont elle se chargeait très vite. Et, surtout, il fallait la maintenir dans des récipients hermétiquement clos car, au contact de l'air, ce liquide s'oxydait et rancissait rapidement. Les fouilles sous-marines ont montré l'étonnante conservation des produits contenus dans les amphores; cela nous incite à penser que ces dernières étaient mieux adaptées pour manipuler et conserver l'huile sur des périodes plus ou moins longues que ne l'étaient les dolia. De plus, si ces dépôts avaient servi à l'approvisionnement de Rome, ils auraient certainement été situés plus près du fleuve. Pour note, nous rappelons que les manutentions se faisaient à "dos d'homme" et qu'une amphore Dr.20 pleine, pesait 70,5 kg[73]. Néanmoins, le plus grand dépôt, le Magazzino Annonario, est situé au sud du Decumanus Maximus[74]. Enfin, nous avons vu que pour une année, la consommation moyenne d'huile d'un Romain était de 20 L[75]. Ostie avait donc besoin annuellement de 800.000 L d'huile[76], uniquement pour son alimentation. Or, la capacité du plus grand dépôt de dolia, le Magazzino annonario, était de 90.800 L[77].

Ces différentes observations autorisent à penser que l'huile annonaire était stockée sous forme d'amphores, dans les horrea du type horrea di Hortensius. Les dépôts de dolia que nous pouvons observer à Ostie devaient être liés, quant à eux, à la consommation locale. Ils ne servaient qu'à la fin de la "chaîne" qui conduisait l'huile des provinces jusqu'à son lieu de consommation. Les provisions ainsi constituées étaient utilisées par les habitants d'Ostie, les petits détaillants, les auberges et les débits de boissons[78].

Conclusion

Si l'on songe que les navires annonaires de fort tonnage ne pouvaient pénétrer dans l'estuaire du Tibre, qu'Ostie contre toute attente possédait assez peu d'horrea à blé pouvant être utilisés par l'annone[79], que les dépôts de dolia ne servaient qu'aux besoins de sa population et qu'enfin le transfert de grain entre le Portus et le port fluvial de la ville devait être évité face à la multiplicité des manutentions, nous pouvons envisager que le développement de la population et de l'urbanisme de la ville fut moins lié à la participation concrète d'Ostie à l'annone de Rome qu'à la proximité du Portus Uterque. Avant la création du complexe portuaire d'Ostie, l'ensemble des stockages intermédiaires se faisait le long des berges du Tibre. Ce n'est qu'à partir du règne de Claude et surtout de Trajan que le concours d'Ostie au stockage des denrées annonaires diminua au profit du Portus Uterque. Certes, la ville connut une activité commerciale tout au long du Haut-Empire puisque de nombreuses embarcations de petit tonnage continuaient de fréquenter son port fluvial. En outre, le nombre élevé d'horrea vient attester que diverses marchandises étaient stockées sur place à la fois pour la consommation locale et pour un commerce de redistribution vers Rome et les provinces. Néanmoins, à partir du IIe siècle après Jésus-Christ, nous serions tentés de décrire cette ville, en termes modernes, comme la combinaison d'une "cité dortoir"[80] et d'un ensemble de "sièges sociaux" d'entreprises. Ostie n'était plus liée à l'annone parce qu'elle emmagasinait l'huile et le blé destinés à l'Urbs, mais parce qu'elle abritait les travailleurs et les corporations faisant fonctionner la "machinerie" annonaire. La majorité du stockage et des arrivées de denrées ayant lieu au Portus, les petits travailleurs d'Ostie devaient donc fréquemment traverser l'Isola Sacra afin de gagner leurs lieux de travail... La situation est ainsi comparable à celle d'une ville traversée par un fleuve dont la rive gauche accueillerait préférentiellement les logements des habitants alors que la rive droite serait le siège de l'activité portuaire.

Toutefois, en retour, l'effervescence liée à l'arrivée des grains et de l'huile ne restait pas limitée au quartier du Portus Uterque. C'est au contraire toute la ville d'Ostie qui connaissait une fébrile activité. Les petits commerces d'Ostie (thermopolia[81], cauponae, tabernae, restaurant, hôtels etc.) devaient être en mesure de faire vivre les marins arrivant à bord des navires commerciaux et annonaires; surtout s'ils restaient plus d'un mois au port[82]. Les grossistes et autres détaillants gagnaient la ville pour négocier sur le forum ou la Piazzale delle Corporazioni les marchandises dont ils avaient besoin.

Ainsi, à la belle saison, matelots, commerçants et voyageurs se mêlaient dans les rues de la ville en une foule bigarrée, venue d'horizons aussi divers que l'Empire romain comptait de provinces. Ils devaient aimer se réunir dans les cabarets, les restaurants et autres débits de boissons. Souvent éloignés de leur demeure, ces gens venaient trouver un peu de compagnie et de chaleur autour d'un verre de vin[83], d'un repas ou de"filles à matelots"[84]. Un relief tombal d'Ostie intitulé "le cabaret du marin"[85] représente la vie d'un matelot. Cette dernière se résume à son métier de marin et aux plaisirs du bistrot. Sur son sarcophage, nous voyons représentés d'un côté un navire tiré par une scapha et de l'autre une taberna. Cette deuxième partie du relief met en scène trois personnes: le propriétaire de la taberna et deux clients debout, près du comptoir. Le patron des lieux tend un gobelet de vin au premier consommateur qui accepte avec joie cette boisson. A ses côtés, un autre habitué semble visiblement attendre le sien avec impatience!

Dans nos deux premières parties, en vue de cerner les liens unissant la préfecture de l'annone à Ostie, notre attention s'est principalement tournée vers des considérations matérielles (comme l'infrastructure portuaire de la ville) et vers une masse sans nom de petites gens qui assuraient la fonctionnalité de l'approvisionnement romain. Pour parfaire notre étude, il nous reste maintenant à étudier la place des fonctionnaires de l'annone, des riches commerçants et des notables d'Ostie dans la "chaîne" du blé. A l'inverse des saccarii par exemple, cette élite des professionnels de l'approvisionnement nous est mieux connue grâce à la loquacité des inscriptions retrouvées.


Annexe IX: Le Decumanus Maximus d'Ostie.

I. Le Decumanus Maximus d'Ostie en direction du centre ville (cliché auteur).



II. Vue du Decumanus Maximus près des Horrea di Hortensius (Reg., V, XII, 1). L'entrée des ces horrea se trouve en dessous de l'artère principale d'Ostie (cliché auteur).


Annexe X: Les rues perpendiculaires au Decumanus Maximus.

I. La Via Epagathiana depuis le Decumanus Maximus en direction du Tibre. Cette rue conduit aux horrea Epagathiana. Deux chariots ne pouvaient s'y croiser de front (cliché auteur).


Annexe XI: Les rues perpendiculaires au Decumanus Maximus.

I. La via dei Molini depuis le Decumanus Maximus d'Ostie en direction du Tibre. En quittant les quais du Tibre, c'est par cette rue que le grain arrivait aux Grandi Horrea. On peut noter l'étroitesse du passage qui permet difficilement à deux chariots de se croiser de front (cliché auteur).



II. La via dei Molini en direction du Decumanus Maximus (cliché auteur). Cette voie permet l'accès aux Grandi Horrea (Reg., II, IX, 7) et conduit jusqu'à l'antique Semita Hor(reorum).


Annexe XIV: Répartition des horrea et des dépôts de dolia
[86]



1) Horrea Piccolo Mercato (Reg., I, VIII, 1).12) Horrea ( Reg., V, I, 2).
2) Horrea (Reg., I, VIII, 2).13) Horrea (Reg., I, au nord de I,VII).
3) Horrea Epagathiana et Epaphroditiana (Reg., I, VIII, 3).14) Horrea dei Mensores (Reg., I, XIX, 4).
4) Horrea (Reg., I, XIII, 1).15) Horrea (Reg., III, XVII).
5) Horrea (Reg., III, XVII, 1).
6) Horrea Antoniniani (Reg., II, II, 7).Les dépôts de dolia:
7) Grandi Horrea (Reg., II, IX, 7). A) Caseggiato dei Doli (Reg., I, IV, 5).
8) Horrea (Reg., III, II, 6).B) Magazzino dei Doli (Reg., III, XIV, 3).
9) Horrea (Reg., IV,V, 12).C) Magazzino annonario (Reg., V, XI, 5).
10) Horrea dell' Artemide (Reg., V, XI, 8).D) Caseggiato dei Doli (Reg., I, au nord de I, XIX).
11) Horrea di Hortensius (Reg., V, XII, 1).

Annexe XV: La cour centrale des Horrea di Hortensius, vue depuis le sud de l'entrepôt. (Reg., V, XII,1.; cliché auteur).


Annexe XVI: Les horrea.

I. Vue du porche d'entrée (prothyrum) des Horrea Epagathiana et Epaphroditiana (Reg., I, VIII, 3; cliché auteur).


NOTES

[1] Nous avons établi ce tableau à partir des données fournies par CALZA (G.), BECATTI (G.), GISMONDI (I.), DE ANGELIS D'OSSAT (G.), BLOCH (H.), Scavi di Ostia I, Topografia Generale, Roma 1954, p. 233-238 (reviews: H. Schaal, Gnomon, 26 (1954), 551; R. Meiggs, JRS 46 (1956), 190; J. Le Gall, Rev. arch. 49 (1957), 60).

[2] Tacite, Annales, XII, 43.

[3] Cléandre était un ancien esclave de Marc Aurèle qui l'avait affranchi et même nommé chevalier. Le Gall (J.), Le Glay (M.), L'Empire romain, t. I..., p.515-517.

[4] S.H.A., Vit. Sev., VIII, 5 et XXIII, 2.

[5] D'autres auteurs l'on déjà fait comme Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings...

[6] Rickman (G.), The corn supply..., p. 134.

[7] Pavis d'Escurac (H.), La préfecture de l'annone..., p. 246.

[8] Sénèque, De Brevitate Vitae, XIX, 1.

[9] Pline l'Ancien, N.H., XVIII, 73.

[10] Pline l'Ancien, N.H., XVIII, 73.

[11] Reg., V, XII, 1.

[12] Virlouvet (C.), Tessera Frumentaria..., p. 92.

[13] Bien que Meiggs (R.), Roman Ostia(2)..., p. 280 et p. 284, fig. 24 indique que ces horrea servaient à stocker du blé, l'absence de suspensurae laisse planer un doute quant à la véracité de ses propos. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 69 est plus réservé. Il n'exclut pas toutefois, en se fondant sur la taille importante de la construction, que cet horreum ait pu servir à entreposer du grain. On peut cependant remarquer que le plan des horrea di Hortensius est beaucoup plus aéré et par conséquent que l'occupation de l'espace de stockage y est bien moindre que dans les Grandi Horrea par exemple. On est ainsi tenté de penser que cet entrepôt servait à stocker d'autres marchandises que le blé: peut-être des produits pondéreux nécessitant de l'espace pour leur manutention...

[14] Virlouvet (C.), Tessera Frumentaria..., p. 92.

[15] Pline l'Ancien, N.H., XVIII, 73.

[16] Mesures effectuées par nos soins.

[17] Reg., II, IX, 7.

[18] Reg., II, II, 7.

[19] Rickman (G.), The corn supply of ancien Rome..., p. 137. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 293.

[20] Virlouvet (C.), Tessera Frumentaria..., p. 91. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., fig. 21-23 et 25 propose des photographies des suspensurae des Grandi Horrea.

[21] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings ..., p. 86.

[22] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 43. Hermansen (G.), Ostia, Aspects of Roman City Life, Alberta, 1982, p. 228-231.

[23] Mesure effectuée par nos soins. Il n'est pas sûr que cette entrée sud-ouest des Grandi Horrea ait existé au Haut-Empire, elle peut dater du Bas-Empire et même avoir été percée postérieurement.

[24] Une épaisseur de mur importante était par ailleurs indispensable pour résister à la pression qu'exerçaient les grains sur les parois des cellae. Lamboley (J. -L.), Lexique..., p.159.

[25] Reg., V, XII, 1.

[26] Reg., V, XI, 8.

[27] Opus mixtum.

[28] Pavis d'Escurac (H.), La préfecture de l'annone..., 243.

[29] Reg., I, VIII, 3. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 37.

[30] Ils sont de petites tailles, seulement 16 cellae, mais possédaient un étage. Chevallier (R.), Ostie antique..., p. 71.

[31] Cordello, Ostie, Guide aux fouilles, Roma, 1994, p. 52.

[32] C.I.L., XIV, 4709: HORREA EPAGATHIANA ET EPAPHRODITIANA.

[33] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 37.

[34] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings ..., p. 53.

[35] Reg., II, II, 7. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings ..., p. 43.

[36] Reg., I, VIII, 1. Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings ..., p. 23.

[37] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 69.Virlouvet (C.), Tessera Frumentaria..., p. 92, n. 220.

[38] Pavis d'Escurac (H.), La préfecture de l'annone..., 244-245.

[39] Aelius Aristide, Eloge de Rome, XXVI, 10-13.

[40] Aelius Aristide, Eloge de Rome, XXVI, 10-13.

[41] Nous connaissons à Rome les horrea piperataria, magasins du poivre et des épices situés à l'emplacement de la basilique de Maxence.

[42] Cette estimation ne prend en compte que la ville d'Ostie au IIe siècle après Jésus-Christ, la population du Portus n'est pas comptabilisée.

[43] Toutefois notons qu'à l'inverse, l'absence de suspensurae n'est pas une preuve certaine que l'horreum ne servait pas au stockage des blés

[44] 3,5*12*40.000=1.680.000 modii.

[45] Chevallier (R.), Ostie antique..., p. 140.

[46] Cébeillac-Gervasoni (M.), "L'élite politique d'Ostie de la République à Néron", in Les élites municipales de l'Italie péninsulaire des Gracques à Néron, (éd. M. Cébeillac-Gervasoni ), Naples-Rome, 1996, p. 83-89, p. 88.

[47] Hermansen (G.), Ostia, Aspects of Roman City Life..., p. 228-231.

[48] Reg., I, III, 1-2: Caseggiato dei Molini.

[49] Le Gall (J), Un mode de transport méconnu..., p. 71, n. 11.

[50] Reg., II, VI, 7.

[51] Reg., I, XIII, 4.

[52] Bakker (J. Th.), Living an Working with the Gods. Studies of Evidence for Private Religion and its Material Environment in the City of Ostia (100-500 A..D.), Amsterdam, 1994, chap. IX.

[53] Ouvrage collectif à paraître, avec la participation de J. Th. Bakker, Th. L. Heres, B. Sirks, J. H. van Dalen, B. Meijlink.

[54] Carte réalisée par J. Th. Bakker.

[55] Meiggs (R.), Roman Ostia(2)..., p. 280.

[56] [Reference to chapter that is not on this website]

[57] C'est-à-dire, suivant les estimations les plus hautes, 1.060.571 modii pour le rez-de-chaussée et autant pour le premier étage soit 2.121.142 modii.

[58] S.H.A., Vita Severi, VIII, 5 et XXIII, 2. Si le canon d'une année est de 27.375.000 modii, le canon de 7 années représente un total de 191.625.000 modii de blé soit 90 fois la capacité des Grandi horrea.

[59] Peut-être que les entrepôts récemment trouvés sur le Trastevere d'Ostie servaient à stocker le grain pour l'annone de Rome.

[60] On peut également penser à (Civitavecchia) Centumcellae située au nord d'Ostie.

[61] Pavis d'Escurac (H.), La préfecture de l'annone..., p. 197.

[62] C'est le terme employé par Dig. VII, I, 15, 6 (Ulpien) et Dig. XVIII, I, 76 (Paul).

[63] D'après nos mesures les dolia étaient de grosses sphères renflées d'1m de haut pour 1,30m de large et possédaient une ouverture à leur sommet de 60 cm.

[64] Reg., I, IV, 5.

[65] L'amphore en tant qu'unité de capacité équivaut à 26,26 L. Lamboley (J. -L.), Lexique..., p.293.

[66] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 75

[67] Reg., V, XI, 5.

[68] Rickman (G.), Roman Granaries and Store Buildings..., p. 75.

[69] Reg., I, IV, 5 et Reg., I au nord de I, XIX.

[70] Reg., III, XIV, 3 près de la maison d'Annius: un marchand d'huile ou de vin dont les affaires marchaient bien puisque l'on a retrouvé une inscription indiquant "omnia felici[a] Anni" et Reg., V, XI, 5.

[71] Ce ne sont là que des estimations.

[72] [Reference to chapter that is not on this website]

[73] Grenier (G.), Manuel d'archéologie gallo-romaine, t. II..., p. 608.

[74] Reg., V, XI, 5.

[75] [Reference to chapter that is not on this website]

[76] 20*40.000= 800.000 L.

[77] Reg., V, XI, 5.

[78] Meiggs (R.), Roman Ostia(2)..., p. 274-275.

[79] Nous avons vu que seuls trois horrea d'Ostie possédaient des suspensurae, mais les horrea ne possédant pas de suspensurae pouvaient également stocker du blé. Toutefois, vu les efforts déployés par la préfecture de l'annone et les empereurs afin d'assurer une infrastructure d'accueil des grains efficace on peut se demander pourquoi les autres vastes horrea d'Ostie n'auraient pas bénéficié des mêmes installations que les Grandi Horrea ou les horrea Antoniniani. D'autant que la construction des suspensurae de ces deux derniers entrepôts date du règne de Commode, or les horrea Piccolo Mercato (I, VIII, 1), les horrea III, XVIII furent restaurés sous les Sévères. S'ils avaient servi à stocker du grain, au moins à partir des Sévères, nous aurions dû rencontrer des suspensurae.

[80] Sans que cette expression prenne un quelconque sens péjoratif.

[81]Cf. Kleberg (T.), Hôtels, restaurants et cabarets dans l'Antiquité romaine, Uppsala, 1957, chap. I pour les problèmes de terminologie (thermopolia, cauponae, tabernae), et pp.45-47 et 53-56 en particulier pour Ostie. D'après les fouilles archéologiques d'Ostie, cet auteur dénombre 14 établissements, assurés, ayant eu une fonction de restaurant, débit de boissons ou d'hôtel (pp.46-47). J. Le Gall emploie le terme de Thermopolium, mais T. Kleberg (p. 24-25) juge que le mot est trop peu utilisé pour qu'on puisse en tenir compte, il faut y préférer le terme de popina. Quoi qu'il en soit, le thermopolium était un cabaret où l'on servait des boissons chaudes et des plats cuisinés. Il y a par exemple le thermopolium de la rue de Diane (Reg, I, 2). Par caupona, il faut entendre une auberge ou un cabaret. Le terme de caupona désignait des établissements fournissant aux clients un service de nourriture, de boissons et de logement. Mais comme le note T. Kleberg (p. 5), le sens du mot a évolué pour ne plus désigner que l'établissement fournissant aux clients nourriture et boissons. On trouve par exemple la "caupona di Alexander Helix", la "caupona del Pavone" sur la rue du même nom (Reg. IV, 2). Voir également Chevallier (R.), Ostie antique..., p. 83-84.

[82] BGU, no. 27; Wilcken - Mitteis, Chrestomathie, no. 445; Loeb, Select Papyri, Letters no. 113.

[83] Juvénal, Satires, VIII, 170-180: "La vigueur de son âge peut veiller à la sécurité de Néron. Envoies-le, Envoies-le à Ostie, César; mais cherches ton légat dans un grand cabaret (popina). Tu le trouveras couché côte à côte avec quelques sicaires, pêle-mêle avec des matelots, des voleurs et des esclaves fugitifs, parmi des bourreaux et des fabricants de brancards funéraires et les tambourins muets d'un galle étendu sur le dos. La liberté égale pour tous; les coupes sont communes, le lit n'est différent pour personne, la table est pour tous à la même distance...".

[84] Horace (C. III, 6, 31) nous présente une femme qui se livre au patron d'un navire espagnol. A ce propos cf. T. Kleberg, Hôtels, restaurants et cabaret..., p. 89-91.

[85] G. Calza, La necropoli del porto di Roma nell'Isola sacra, Rome, 1940, p. 203. Pascolini (A.), Retour à une ville antique, Ostia, Roma, 1990, p. 25-26.

[86] Fond de carte extrait de Meiggs (R.), Roman Ostia, Oxford, 1973, p. 284, fig. 24 et adapté par nos soins.

© 1998 J. Fourniol
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